Congé parental de papa : Comment Gabriel s’est transformé suite à son congé parental avec sa fille ?

Gabriel Bailly

Gabriel est un papa heureux. Heureux d’être papa. Heureux du lien fort qu’il a créé avec sa fille, Mayssane, après avoir pris un congé parental de quatre mois. Prendre ce congé parental, c’est aussi pour Gabriel un acte militant. Pour les pères. Et pour l’égalité Femme / Homme. Son congé parental de papa a aussi transformé l’homme qu’il est. Aussi bien dans sa vie personnelle que dans son job. Portrait d’un papa inspirant.

Etre papa : une priorité

Gabriel Bailly

Gabriel a toujours voulu être père. Et comme une ironie de la vie, il l’est devenu à 44 ans. En couple depuis 10 ans avec sa compagne, le couple doit attendre plus de sept ans avant de réussir à avoir un enfant. Il y a tout juste deux ans, en 2017, Mayssanne voit le jour et comble de bonheur les nouveaux parents.

Avec une enfant si désirée, le couple souhaite partager un maximum de temps avec elle. « Ma femme a d’abord pris un congé parental d’un an ». La suite pour leur fille, ils l’imaginent en crèche. « J’ai fait une demande à mon employeur pour avoir une place en crèche car c’est très difficile d’en trouver une sur Paris ». Et effectivement, les parents ne trouvent pas de place. Une idée germe progressivement dans la tête de Gabriel. « Et si je prenais un congé parental à mon tour, après celui de ma femme ? ». Au delà de l’envie de Gabriel, ce choix est aussi une décision familiale. « Nous en avons parlé à deux et cela était une évidence pour nous. Nous souhaitions rester à 100% avec notre fille sur les premiers mois de sa vie ».

 

Congé parental de papa : pourquoi et comment ?

Sans place de crèche pour sa fille, Gabriel décide de sauter le pas. « Au delà de l’absence de place, j’avais vraiment envie de prendre ce congé parental. J’avais besoin d’être avec elle. Même si je réussissais parfois à partir plus tôt de mon travail, j’avais l’impression de ne pas la voir, de passer à côté de ses premières années ». La décision prise, Gabriel, ingénieur dans la dépollution, en parle à son responsable hiérarchique. « A ce moment là, j’étais en agence. J’en ai parlé à mon boss qui a très bien pris cette demande. Mais au même moment, j’ai été muté au siège de mon entreprise et la réaction n’a pas du tout été la même… ». Finalement, Gabriel obtient son congé parental de quatre mois. « Je ne leur ai pas vraiment laissé le choix, j’ai imposé cette décision… ».

La durée du congé parental pour un premier enfant est de six mois maximum pour un père. Alors pourquoi 4 mois ? « C’était la durée maximale qui pouvait être acceptée dans mon entreprise. J’évolue dans le secteur du BTP où cela n’est pas du tout dans la culture. J’ai été le premier homme de mon entreprise à prendre un congé parental ». Eu égard à ce contexte, les réactions des collègues de Gabriel ont forcément été nombreuses. « Certains m’ont dit qu’ils auraient également eu envie de le faire mais qu’ils n’avaient pas osé. D’autres m’ont confié ne pas se sentir suffisamment capable et compétent de gérer leurs enfants 7 jours sur 7 et 24h sur 24».

En France, et contrairement à d’autres pays d’Europe, les conditions financières de soutien à la prise de congé parental sont très faibles. « Ma femme a eu droit à 352 Euros par mois pendant les 12 mois. Et moi, je n’avais droit à rien du tout ! ». Concrètement, comment Gabriel a alors géré cette absence d’un salaire sur les deux au sein de la famille. « On a négocié une suspension de notre prêt immobilier pendant six mois. Pour moi, si on a vraiment envie de prendre un congé parental, on peut toujours trouver des solutions. La question financière ne doit pas être un prétexte à ne pas faire. L’essentiel n’est pas là…. ».

 

L’influence du congé parental sur sa vie personnelle

papa et sa fille

De son propre aveu, le congé parental de papa a changé la vie de Gabriel. « Au début, c’est clair que ce n’était pas facile !  Je ne savais pas forcément comment faire, j’ai eu du mal à trouver ma place auprès de ma fille». Car avant son congé parental, Gabriel était très pris dans le rythme de son travail et ne voyait sa fille quasiment que le week-end… « Nous avons eu besoin d’apprendre à nous connaitre, à créer un lien. De mon côté, j’ai eu besoin de décoder ses pleurs et de comprendre ses besoins ».

Les quatre mois passés en permanence avec sa fille lui laisse un souvenir fort. « Nous avons fait tellement de choses ensemble. Que ce soit dans le quotidien ou dans des activités différentes de celles que pouvait gérer ma femme avec notre fille ». De cette période, il en garde une de ses plus jolies histoires de papa. « J’ai adoré tous nos moments de peau à peau. Encore aujourd’hui, il lui arrive de s’endormir dans mes bras… ». Déjà sensibilisé à la question de l’égalité Femme / Homme, le temps passé avec sa fille a accentué la prise en compte de cette question. « Je veux apprendre à ma fille à se respecter elle-même et à se faire respecter par les hommes. C’est pour moi essentiel dans un monde (notamment en entreprise) où les femmes ne sont toujours pas considérées comme l’égal de l’homme ».

 

L’influence du congé parental sur sa vie professionnelle

Après les quatre mois dans une bulle, Gabriel reprend le chemin du travail. « C’est dur ! J’ai quitté le monde des Bisounours dans lequel j’étais plongé pleinement. J’étais un peu redevenu un enfant ! ». Et quelques semaines après la reprise de son job, Gabriel est surpris par les réactions de ses collègues. « Beaucoup ont souligné que je n’étais plus complètement le même, que j’avais développé de nouvelles compétences. Ils m’ont dit que je savais désormais faire preuve de résilience, que j’étais plus calme, plus posé, que j’étais plus organisé, que je gérais mieux mes émotions ». Fort de ce constat, Gabriel comprend que son congé parental lui a permis de développer de nouvelles compétences, des softs skills très utiles dans son job. « En étant en full time avec un enfant d’un an, tu es obligé d’être organisé. Et ça, c’est un gros plus au travail. C’est la même chose pour la gestion des émotions : durant les quatre mois, j’ai été amené à me remettre régulièrement en question. Et c’est aussi une vraie force dans mon quotidien professionnel ».

D’ailleurs, les collègues de Gabriel ne sont pas les seuls à avoir fait ce constat. « Mes responsables l’ont également souligné. Ils me disent que mon congé parental a fait de moi un futur très bon manager ». Ce qui correspond en tout point en l’évolution professionnelle que souhaite Gabriel. La prise d’un congé parental qui permet de devenir encore meilleur dans son job, n’est-ce pas là un bon retour sur investissement pour les entreprises … ?

Depuis sa reprise du travail, Gabriel s’est imposé un nouveau rythme pour maintenir son équilibre vie pro / vie perso. « Je dépose ma fille à 9h30 à la crèche et je la récupère à 18h. Je travaille donc de 10h à 17h30, sauf urgences professionnelles ou déplacement, et il m’arrive de re-travailler le soir. Ce rythme m’oblige à être bien plus productif dans mon job ! ».

 

Les conseils de Gabriel pour les papas qui souhaitent prendre un congé parental

congé parental de papaGabriel est aujourd’hui très investi sur cette question du congé parental. C’est pour lui un acte militant. Il a aujourd’hui envie de partager son expérience avec d’autres papas. Car le congé parental n’est pris que par 4% des pères… « Il me semble primordial que les papas écoutent leurs coeurs, qu’ils fassent ce qu’ils ont réellement envie de faire. Si l’envie est là, il faut tout mettre en oeuvre pour y arriver ». Pour Gabriel, l’évolution passe aussi par les femmes. « Inconsciemment, elles ne sont pas toujours prêtes à laisser la place aux pères. Les mamans doivent accepter de voir le nouveau rôle des pères ». Et bien sur, son message clé est dans la relation entre le père et l’enfant. « Passer autant de temps dédié avec son enfant a un impact pour toute la vie. Après un congé parental, la relation papa-enfant va indéniablement changer ».

Pour que les lignes bougent, Gabriel a conscience qu’il y a un message à faire passer aux papas… mais également aux entreprises. « Elles doivent laisser les papas qui ont envie de prendre ce congé parental la possibilité de le faire. Pour l’entreprise, ce sera un salarié beaucoup impliqué et engagé in fine. L’entreprise aura des collaborateurs uniques et plus performants ». Au delà du congé parental de papa, Gabriel estime, à juste titre, que les entreprises doivent mieux intégrer la question de la parentalité dans leur politique. « Les entreprises ont tout intérêt à créer un climat réciproque de confiance et à ne plus opposer vie professionnelle et vie personnelle. Et cela passe par une facilitation de la vie des parents : financer des places en crèches, proposer une flexibilité des horaires, former le Top Management sur ces questions, … ».

Chez Histoires de Papas, on partage complètement le constat de Gabriel. Et nous sommes persuadés que sa jolie histoire de papa contribuera à faire évoluer les mentalités. Merci pour cela Gabriel. Merci pour ton courage et pour ton engagement.

 

Et vous, que pensez-vous de l’histoire de Gabriel qui s’est transformé après avoir pris un congé parental de papa  ?

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