Paternité en entreprise : les nouvelles règles du jeu

parentalité en entreprise

Depuis quelques années, le sujet de la paternité en entreprise est de plus en plus évoqué. Certains y voient un effet de mode. Pour ma part, je suis persuadé que ce n’est pas le cas. C’est plutôt une lame de fond. Cette vague n’a pas encore tout emporté sur son passage. Loin de là. Il est encore nécessaire d’acculturer et de sensibiliser les entreprises sur le sujet.

Mais pourquoi les entreprises sont-elles concernées par la paternité, un sujet qui relève plutôt de l’intime. Déjà parce que plus de 80% des salariés sont des parents. Et la moitié sont des hommes, donc des papas. Oui, ça en fait du monde !! Vous connaissez mon engagement sur le sujet, via le congé paternité ou de part les nombreuses conférences que j’anime. Alors pour continuer à contribuer à la prise de conscience sur le sujet, je vous propose une série de deux articles sur le sujet de la paternité en entreprise. Dans ce premier article, je vous propose de prendre un peu de hauteur en se posant la question du pourquoi : pourquoi c’est important d’intégrer la paternité en entreprise. Puis dans le prochain article, je vous partagerai plusieurs actions concrètes pour faciliter l’intégration de la paternité en entreprise.

Les temps changent…

Nous le vivons tous et le sentons tous. Nous sommes dans un moment de transformation intense de nos sociétés. Certains sociologues analysent d’ailleurs que nous changeons de « cycle » tous les 450 / 500 ans. Et la fin du cycle précédent et le début du nouveau… C’est maintenant !

Ces moments de changements ne sont pas forcément faciles à vivre. Tout bouge, les repères changent, les référentiels ne sont plus les mêmes… Cela peut être vécu de façon très anxiogène pour beaucoup. Et pourtant… Nous pouvons aussi se dire que c’est un moment incroyable où nous pouvons toutes et tous contribuer à dessiner un monde différent. Un monde plus juste et harmonieux.

Donc nous sommes dans une époque de changement profond. Crise sanitaire, mouvement MeToo, prise de conscience de l’urgence environnementale, sont autant de phénomènes qui nous bousculent. Avec pour conséquence de changer notre rapport au temps, au travail, à la famille, à l’égalité, à la masculinité, … A la vie tout simplement. Oui, dans cette époque où les temps changent, notre rapport à la vie se transforme.

Et face à toutes ces transformations, de nouveaux besoins émergent. Une très grande majorité d’entre nous souhaitons aller vers plus d’harmonie, d’apaisement, de nuance et d’équilibre. Et pour y arriver, une nouvelle définition de la paternité est une solution forte. Car oui, re-définir la paternité est finalement au coeur de ces transformations et nouveaux besoins. Il s’agit de créer de nouvelles règles du jeu, loin des clichés et des stéréotypes. Et comme la majorité des actifs sont salariés, questionner la prise en compte de la paternité en entreprise est essentielle. Et pour y arriver, la question de la paternité en entreprise doit s’accompagner. Pour libérer la parole. Pour donner envie d’oser. Et donc pour écrire un nouveau code. Pour donner le « vrai » choix. Pour plus d’égalité.

Vers plus d’égalité Femme / Homme

L’égalité Femme / Homme n’est pas un « combat » nouveau. Mais là où il s’est durant longtemps cantonné à la sphère féminine, il est aujourd’hui de plus en plus porté par les hommes. Car oui, les hommes sont aussi concernés. Et si certains hommes peuvent penser qu’ils ne le sont pas, ils se doivent de penser également à leur femme, leur mère, leur fille, leur soeur, leur cousine, leur amie, leur copine, …

Mais en quoi la paternité en entreprise peut-elle impacter l’égalité entre les femmes et les hommes ? On le sait, l’écart de salaire entre Femme et Homme, pour le même job et à compétences égales, est de près de 20%. Et, les études le montrent, c’est au moment de la maternité que l’écart de rémunération se fait. La jeune femme professionnelle semble, selon certaines entreprises, perdre ses compétences au moment de la maternité. Et parfois, c’est avant la maternité que se pose le « problème ». En mode « Elle a 30 ans, elle n’a pas encore d’enfant, elle va être enceinte et s’absenter, il y a donc un risque ». Et on en retrouve les conséquences après la grossesse. 53% des femmes diminuent le temps dédié à leur job, en passant à 80% de leur temps de travail pour l’essentiel. Alors que seulement 1 homme sur 9 diminue son temps de travail en devant papa. Si nous ajoutons à l’équation qu’un couple sur deux se sépare, les conséquences pour les femmes ayant diminué leur temps de travail sont désastreuses. Elles se retrouvent en risque de précarisation. Avec moins de rémunération. Et aussi moins de trimestres cotisés pour leur retraite et des indemnités de retraite amputées.

Intégrer la paternité en entreprise, c’est impacter ces inégalités entre les femmes et les hommes. Car c’est transformer le « risque » maternité en risque « parentalité ». Un risque porté aussi bien par les femmes que par les hommes. Et donc un risque qui n’en est plus un. Il se transforme alors en fait, en réalité. 

Une nouvelle génération de papas

paternité en entreprise

Dans les nouvelles règles en matière de paternité, et donc de paternité en entreprise, nous retrouvons un élément implacable. La nouvelle génération de papas n’a pas les mêmes envies que l’ancienne génération de papas. Je me permets  tout de même d’ajouter une petite nuance sur le terme de « génération ». Mon propos n’est pas de dire que tous les futurs ou nouveaux papas de 20 à 40 ans souhaitent s’impliquer auprès de leur bébé. Non. Mais la très grande majorité le souhaite. Et ils font bien plus que de le souhaiter.

Là où les « anciens » papas ne se posaient pas la question ou osaient la poser du bout des lèvres, les « nouveaux papas » imposent leur vision. L’équilibre de vie entre vie perso (dont la paternité) et vie pro n’est pas un besoin exprimé. C’est un fait. Posé. Implacable. Non négociable.

Dans mes différentes activités professionnelles, j’interviens régulièrement en écoles supérieures. Je vois entre 600 et 1 000 étudiants par an (donc un échantillon assez représentatif !). Ils ne se projettent pas en tant que parent mais je les interroge souvent sur l’équilibre vie pro/vie perso. Et leur réponse est sans appel. Le boulot n’est pas toute leur vie et ils ne souhaitent pas tout y sacrifier.

Par ailleurs, j’échange très régulièrement avec des papas. Et ils sont nombreux à me raconter comment ils intègrent leur paternité à leur job. Et comment leur paternité influence leurs choix professionnels. Je me souviens d’une Mairie d’une grande ville, en région parisienne, qui cherchait à recruter un Directeur de l’Urbanisme. Enfin ils trouvent la perle rare : Guillaume, 30 ans. Et lors du dernier RDV, ce jeune papa demande s’il peut avoir recours à des places en crèche (comme en propose de plus en plus d’entreprises), à des horaires flexibles et à 2 jours de télétravail. Pour mieux concilier sa vie de papa et son job. La mairie ne propose aucune action en faveur de la parentalité. Et Guillaume, au dernier moment, refuse le poste (pourtant une promotion pour lui et un meilleur salaire) pour en trouver un autre, moins bien payé mais avec des mesures l’aidant à concilier sa vie de papa et son job. Les Directions, Managers et RH n’ont donc plus le choix. Elles doivent intégrer la paternité en entreprise. Pour continuer à être attractives….

Attirer et fidéliser les talents

paternité en entreprise

Depuis quelques mois, la très grande majorité des entreprises vivent une situation inédite. Elles ont de plus en plus de difficulté à recruter. Et ce n’est pas tout ! Elles ont aussi de plus en plus de mal à garder leurs collaborateurs.

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. La crise sanitaire semble avoir déclenché une prise de conscience. Le travail n’est pas tout, à tout prix. D’autres éléments ont repris de l’importance, comme la famille. Il y a peu de temps, j’ai échangé avec un jeune papa, Grégoire. Consultant dans une agence de communication, son entreprise n’a pas été très soutenante quand il leur a annoncé qu’il allait devenir père. Il a du se battre avec eux pour réussir à prendre, partiellement, son congé paternité. Moralité de l’histoire ? Grégoire a démissionné 3 mois après. Il n’avait plus envie de donner son temps et ses compétences à une entreprise qui ne prenait pas en compte sa vie de papa.

Intégrer la paternité en entreprise, c’est justement mener des actions positives qui vont permettre d’attirer, puis de fidéliser les talents. Car oui, la façon dont une entreprise gère la paternité est devenue un facteur de choix. C’est l’occasion pour les entreprises de travailler leur marque employeur mais également de donner un peu plus d’épaisseur à leur activité. C’est donner du sens. C’est générer de la solidarité et du bien être (et par ricochet de l’engagement des collaborateurs et de la performance pour l’entreprise). De nombreuses actions existent pour favoriser la paternité en entreprise. Et certaines sont même peu couteuses. Nous en reparlerons dans le prochain article sur le sujet…

Et vous ? Que pensez-vous de ces nouvelles règles du jeu en matière de paternité en entreprise?

Positivons, partageons et commentons ci dessous !

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